

1994, SEGA l'éternel second dans la course aux consoles, sort une machine aux performances étonnantes (pour l'époque). Après la Master System qui ne fit guère d'ombre à la NES, une GameGear qui n'égala jamais les ventes de la GameBoy et une Megadrive qui marcha plutôt bien mais dont la concurrence fut rude (SuperNes), la Saturn sort des labos de SEGA avec la ferme intention d'écraser son concurrent de toujours : Nintendo !
Seulement voilà que Nintendo ne joue plus dans la cours des grands avec une N64 qui sortira 2 ans plus tard et avec un archaïque port cartouche. A la place il y a un nouveau venu dans le monde de l'hardware console : Sony. Mais SEGA reste confiant, la Saturn est plus puissante que sa nouvelle ennemie (sur le papier) et Sony n'a pas son expérience en matière de jeux. Pas d'inquiétude donc chez le père de Sonic.
Et ils ont eu bien tort !!! Sony, sa colossale fortune et une puissance industrielle qui a bien calculée son coup marketing de plusieurs Millions de $, sort une console puissante, très bien conçue et qui peut en donner plus si elle est bien programmée (c'est le cas du moteur graphique de Gran Tourismo).
Du côté de SEGA, la Saturn est certes puissante mais complexe à programmer due à une erreur de conception hardware : 2 CPU centraux qui travaillent en collaboration mais une seule banque de RAM à se partager. La boulette ! Du coup la machine perd en puissance à cause de latences en RAM et voit même l'arrivée de programmations n'utilisant qu'un seul des 2 CPU. Les performances se voient alors réduites là où la Playstation s'envole.
Les pads étaient confortables (sorte de remake des Pads Megadrive avec 6 boutons frontaux, 2 gâchettes et 1 bouton Start) mais n'égale pas la précision et le confort de ceux de la Sony (véritable révolution en la matière soit dit en passant). Après la sortie du pad N64 et de son stick analogique, SEGA décida de réviser sa version pour un pad plus contemporain.
Il y avait un port cartouche sur le dessus de la machine, un port qui ne servit presque pas. En effet elle s'est vu adjoindre une cartouche pour la décompression des vidéos au format SVCD (comme le CDi de Philips) mais aussi une cartouche contenant des coprocesseurs additifs (boostant la console) était livré avec quelques rares jeux. Loin de prendre la poussière inutilement, ce port servait aussi pour les cartouches de sauvegardes (sorte de Memory Card) et les Action Replay. Dommage par contre qu'il n'est pas servi à la rétro-compatibilité des jeux 8 et 16bits de la marque.
Le design de la machine est assez grossier. La console est «pataude» et pas vraiment convaincante mais c'est ce qui est à l'intérieur qui compte. Cette console basée sur les bornes d'arcade S1 & S2 (comme toujours chez SEGA, leurs consoles sont avant tout basées sur des bornes d'arcade pour faciliter la conversion arcade->console) qui était une belle machine quelque peu mal pensée surtout lorsqu'on a un rouleau compresseur qui écrase tout sur son passage, un rouleau nommé Sony Playstation.
Environ 300 jeux virent le jour, certains fabuleux (Panzer Draggon) et d'autres plus mitigés (Sonic fighter). Mais elle restera comme la seule «vraie» concurrente de Playstation là où la Jaguar (Atari) fit pâle figure et la N64 s'est vu rater le train de la génération 32bits. Il est même sorti exclusivement au Japon, un modèle blanc.
Pourtant elle connaîtra un certain succès mais seulement au Japon, où elle concurrença assez sérieusement la machine de Sony, voire même la dépassa, grâce notamment aux nombreux jeux SEGA adaptés de l'arcade et au soutien d'éditeurs tels qu'Atlus ou Capcom. En 1996, encouragé par le succès du SEGA Channel, SEGA lance le Saturn Net Link. Via un modem qui se branche sur la console, le joueur peut jouer en réseau ou se connecter à Internet. La Saturn deviendra peu à peu une console Japonaise. D'ailleurs en terme de 3D, si la Playstation lui est supérieure, c'est bel et bien sur le terrain de la 2D qu'elle excelle (la Playstation n'étant pas convaincante sur ce sujet
). Finalement, les 2 consoles rivales auront chacune leurs terrains de prédilection.

Au final, la génération 32bits de SEGA a vu sortir de superbes jeux comme des versions d'Ecco, Sonic, Sega Rally, Virtua Fighters et autres Panzer Dragon ou encore l'original Nights, qu'on ne verra jamais sur Playstation. Il eu plusieurs versions de la console, dans des coloris un peu plus fun, ainsi que divers accessoires (phaser, volants...). Malheureusement si on parle de cette époque, nul ne parlera de la Saturn, tous ne se souviennent que de la Playstation. Au grand damne de SEGA...
Constructeur : SEGA
Année de parution : 1994 (Japon) - 1995 (Europe et USA)
Prix à sa sortie : 2.000FF
Fin de production : 1998 (hardware) - 1998 (software) aux USA et Europe, 2000 au Japon
CPU central : 2 Hitachi SH2 - 32bits RISC à 28.6MHz (50 MIPS)
CPU vidéo : VDP1 (contrôleur graphiques 32bits)
Coprocesseurs : VDP2 (contrôleur CD-Rom et décompression)
RAM : 2Mo (16Mb)
RAM vidéo: 1.54Mo
RAM supplémentaire : Ram cache vidéo/CD-Rom : 540Ko - Tampon graphique 2 x 256Ko de frame buffer et 512Ko de cache texture
ROM : 512Ko
Capacités graphique : jusqu'à 200.000 polygones texturés (gouraud shading) par seconde et 500.000 polygones ombrés face pleine (flat shading) par seconde
Résolution et couleurs : 320x240 jusqu'à 720x576 (images fixes MPEG) en 16 millions de couleurs, jusqu'à 60 images/sec
CPU audio : contrôleur son Motorola 68EC000 (16bits) à 11.3MHz - DSP son Yamaha FH1 24bits à 22.6 MHz
Capacités audio : numérique stéréo et lecture directe du CD
Mémoire de masse : lecteur CD-Rom 2x, port service 32bits (EXT) et port cartouche
Périphériques : cartouche de sauvegarde de 512Kbit et jusqu'à 4Mo, cartouche ROM 1 à 4Mo, joypads analogiques, volant, carte de décompression MPEG-1 (VCD - SVCD), souris...
A savoir :
SEGA avait licencié 3 autres fabricants pour sa console afin de distribuer des versions originale de la Saturn, un peu comme la 3DO. Ainsi on retrouve une version JVC/Victor nommé V-Saturn qui ne proposait rien de plus, une version Samsung (idem) et enfin, une Hitachi appelée Hi-Saturn. Cette dernière proposait un écran LCD incorporé à la console (pour le voyage), un décompresseur MPEG-1 intégré et la fonction GPS (?). Ces 3 modèles ne sont sortis qu'au Japon. Mais après tout, pourquoi je vous dis ça, vous vous en doutez bien, nous autre pauvres cons d'Européens, on a jamais droit à rien...
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