Tout d'abord, mettons les choses au clair : Snake's Revenge n'est pas la suite du "Metal Gear" de 1987. Autrement dit, et contrairement à ce que l'on peut lire ici ou là, ce n'est pas LE "Metal Gear 2". C'est en fait une sorte de "vrai faux" Metal Gear, et cela pour plusieurs raisons.
Certes, il porte le nom de la saga, le personnage principal est toujours le grand Solid Snake, Metal Gear est toujours l'avant dernier boss final. Cependant, il n'a pas été développé sous la tutelle de Hideo Kojima, mais par une équipe de Konami indépendante. Pour la petite anecdote, ce n'est que lors d'un voyage en train à travers Tokyo que Hideo Kojima rencontra le responsable de developpement Famicom de Konami, qui lui parla de cet épisode... Et qui motiva notre homme à sortir sa propre suite: Metal Gear 2: Solid Snake.
Ensuite, ce soft n'est sorti que sur NES sous l'étiquette "Ultra Games", et sortira tout d'abord aux USA (et beaucoup plus tard sur le territoire nippon, qui est pourtant son 'pays natal'). Compte tenu de tout ceci, Konami ne se réfère plus aux événements dépeints dans Snake's Revenge dans l'histoire officielle des Metal Gear. Et entre nous, ce n'est pas dramatique.
"Snake is back", mais il aurait mieux fait de rester chez lui. En effet, si vous comptez vous INFILTRER une nouvelle fois avec le justicier au bandana le plus mal coiffé du monde, c'est raté. Quoique, si l'on parle de Rambo, et non pas de Solid Snake. Je m'explique : en fait, cet épisode n'est pas différent seulement au niveau de l'équipe de développement.
Deux éléments de Metal Gear, l'essence même du jeu, ce qui ont fait de lui un soft original, c'est à dire un scénario plus mature qu'à l'accoutumée, et un gameplay basé sur la furtivité, ne sont plus de la partie. Ou presque. L'histoire est plus digne d'un film d'action américain à la Chuck Norris -les méchants sont sans scrupules et le gentil mec musclé sauve les opprimés à coup de savates et/ou de gros calibres, avec un bonus un super bad guy cyborg- et le jeu est ici basé presque uniquement sur les échanges de tirs. Exit la ruse, adieu la tactique, le jeu est en majorité bourrin. La faute à quoi ? Lisez plus bas.
Car, pourtant, tout commence par une petite présentation sympathique de la nouvelle version du Metal Gear, d'un Solid Snake à l'apparence vandammienne et de deux commandos qui vous "accompagneront" pendant la mission : John Turner, spécialiste de l'infiltration, et Nick Meyer, pro de l'explosif. Le fait de pouvoir commander deux soldats en plus du héros peut alors mettre l'eau à la bouche. C'était sans compter sur le fait qu'à peine arrivé sur le terrain, vous êtes déjà dans le feu de l'action, flingue à la main, à tirer sur du terroriste. Pourquoi ? C'est simple : bien que l'optique des developpeurs était visiblement de garder un aspect de cache-cache avec les ennemis, le système de jeu rend la chose quasi impossible. On se fait repérer quasiment à tous les coups.
Par exemple, le passage entre les différents écrans casse enormément le rythme. Pas parce qu'il est long à charger, non. Parce que la transition se fait par des sortes de "feux d'artifices" (soit deux bonnes secondes de latence) qui éclairent l'écran noir pendant que les gardes vous poursuivent, ce qui fait que l'on peut se bloquer contre un mur ou entre des arbres pendant que les ennemis s'occupent de vous. Et ce n'est que le début !
En fait, le système de jeu est vraiment mal foutu. Il est aussi bizarre que frustrant : si vous entrez à l'écran suivant en étant un tant soit peu mal placé -c'est à dire dans l'alignement d'un garde ou en plein au niveau d'un projecteur par exemple-, l'alarme se déclenche. Pour ne rien arranger, la maniabilité montre ses limites quand on s'est fait repérer. Comme on ne peut déplacer Snake que dans quatre directions -je vous rappelle que l'on est sur NES-, il est quasiment impossible d'échapper aux gardes.
De toute façon, il est inutile de se cacher. La seule manière ici d'arrêter toute poursuite est de tuer tous les gardes qui afflueront à l'écran. Et ce n'est pas équipé d'un flingue avec quelques munitions et une faible précision de tir que la donne changera. Même en étant un pro des jeu d'infiltration, vous vous ferez avoir, car il est quasi-impossible de pouvoir prédire ce qui se passera à l'écran suivant. Là où Metal Gear possédait un level design intelligent -au pire, on avait le temps de se mettre à couvert une fois arrivé à une scène-, Snake's Revenge se ramasse lamentablement. Evitez donc d'y jouer si le moindre échec vous met en colère, il risquerait d'y avoir des morts.
Quant au radar, il n'est pas directement présent à l'écran. En réalité, il faut passer par l'interface du CODEC. Enfin, nos deux amis commandos -ainsi que Jennifer, rescapée d'Outer Heaven- seront surtout des contacts de 'conseils', à la manière de Big Boss dans le premier opus ou du Colonel Campbell dans les autres épisodes. Ils ne vous aideront qu'à quelques rares occasions, ce qui gâche la tentative d'implanter ce système de coopération.
Au vu de ces divers défauts, il est d'autant plus difficile d'apprécier ce jeu. Vraiment, malgré toute leur bonne volonté, les développeurs ont eu une vision bien lointaine du "Tactical Espionnage Action" inventé et perpétué par Kojima San...
Niveaux bon cotés -tout de même-, la réalisation est loin d'être mauvaise. Les persos sont assez bien modélisés et la palette graphique est mieux utilisée que dans le Metal Gear de 88 (le CODEC a d'ailleurs une bien belle interface). Les environnements sont bien rendus mais pas très variés (jungle, camp de prisonniers, train, immeuble). L'ambiance sonore n'est pas exceptionnelle mais s'en tire très bien pour un jeu NES, même si certaines "mélodies" tapent vraiment sur les nerfs . Les boss proposent un challenge important, étant donné qu'il faut trouver une stratégie efficace contre chacun d'eux, comme à l'accoutumée.
Voicie la séquance vidéo du jeu.

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